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TMS en entreprise : comment les prévenir et quelles sont les obligations de l'employeur ?

Mal de dos, tendinites, douleurs aux épaules… Découvrez les causes des TMS au travail, les obligations de l'employeur et les solutions concrètes pour les prévenir.
5 novembre 2026 par
TMS en entreprise : comment les prévenir et quelles sont les obligations de l'employeur ?
Laetitia Langella


Un salarié qui se plaint du dos, un autre qui a régulièrement mal à l'épaule, une collègue qui commence à ressentir des douleurs au poignet…

Pris séparément, ça ressemble à quelques petits bobos du quotidien. Sauf que lorsque ces douleurs sont liées au travail, elles peuvent cacher un problème bien plus important : les troubles musculosquelettiques, plus connus sous le nom de TMS.

Et non, ce n'est pas forcément parce que Gérard a dépassé la cinquantaine ou qu'il a mal dormi.

Alors, comment reconnaître les risques de TMS dans son entreprise ? Que doit faire l'employeur ? Et surtout, comment éviter que les douleurs deviennent le quotidien de ses équipes ?

Les TMS au travail, c'est quoi exactement ?

Les troubles musculosquelettiques sont des atteintes qui touchent notamment les muscles, les tendons, les nerfs et les articulations.

Ils peuvent se manifester par des douleurs au dos, au cou, aux épaules, aux coudes ou aux poignets. Tendinites, syndrome du canal carpien ou certaines douleurs lombaires font partie des problèmes fréquemment rencontrés.

Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, les TMS ne concernent pas uniquement les personnes qui portent des charges lourdes.

Préparateurs de commandes, aides-soignants, auxiliaires de crèche, employés de commerce, salariés de bureau… Les situations à risque sont nombreuses.

Selon l'INRS, les TMS représentent plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues.

Autant dire que ce n'est pas un sujet à traiter uniquement quand la moitié de l'équipe commence à chercher un rendez-vous chez le kiné.

Quelles sont les principales causes des TMS en entreprise ?

On pense souvent aux mauvaises postures. Mais les TMS ne se résument pas à un salarié qui ne plie pas suffisamment les genoux.

Plusieurs facteurs peuvent se cumuler :

  • Les gestes répétitifs : effectuer les mêmes mouvements des dizaines ou des centaines de fois.

  • Les efforts physiques : porter, pousser, tirer ou manipuler des charges.

  • Les postures contraignantes : travailler les bras levés, le dos penché ou dans une position maintenue longtemps.

  • L'organisation du travail : cadence élevée, pauses insuffisantes, manque de récupération.

  • L'environnement : vibrations, froid ou équipements inadaptés.

Le problème vient souvent de leur combinaison.

Un carton de cinq kilos n'est pas nécessairement très contraignant à déplacer une fois. Le manipuler deux cents fois par jour, depuis une étagère trop basse, avec une cadence soutenue, c'est une autre histoire.

Et offrir une jolie affiche « Pensez à votre dos » ne modifiera malheureusement ni la hauteur de l'étagère ni la cadence de travail.

Prévention des TMS : quelles sont les obligations de l'employeur ?

Oui, l'employeur doit prévenir les risques de TMS, même s'il n'existe pas de réglementation unique consacrée exclusivement à ces troubles.

L'article L.4121-1 du Code du travail lui impose de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des salariés.

Concrètement, cela implique notamment d'évaluer les risques, de prévoir des actions de prévention, d'informer et de former les salariés lorsque cela est nécessaire.

Les risques liés à l'activité physique doivent donc être pris en compte dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), puis donner lieu à des mesures adaptées.

Et attention : proposer une formation ne dispense pas l'entreprise d'agir sur les conditions de travail.

Si Gérard doit soulever des charges trop lourdes sans matériel adapté, lui apprendre à positionner ses pieds ne suffira pas à régler le problème.

Comment prévenir concrètement les TMS au travail ?

Bonne nouvelle : prévenir les TMS ne nécessite pas forcément de transformer toute l'entreprise du sol au plafond.

La première étape consiste à observer le travail réel. Pas uniquement ce qui est écrit dans les procédures, mais ce que les salariés font effectivement au quotidien.

Quelques exemples :

  • Dans un entrepôt, placer les marchandises fréquemment manipulées à une hauteur plus accessible.

  • Dans une crèche, adapter les équipements pour limiter les flexions répétées.

  • En EHPAD, utiliser les aides techniques adaptées pour accompagner les déplacements des résidents.

  • Dans un bureau, ajuster l'aménagement du poste et permettre de varier les positions.

L'objectif est de réduire les contraintes à la source, autant que possible.

L'INRS recommande d'ailleurs une démarche associant l'analyse des situations de travail, la participation des salariés et la mise en place d'améliorations concrètes.

La formation gestes et postures permet-elle de prévenir les TMS ?

Oui, elle peut contribuer à la prévention, à condition de ne pas être la seule mesure mise en place.

Une formation adaptée permet aux salariés de mieux comprendre les risques physiques, de travailler sur leurs gestes quotidiens et d'identifier des pratiques plus sûres.

Mais former une auxiliaire de crèche, un préparateur de commandes et un salarié de bureau avec exactement les mêmes exercices n'aurait pas beaucoup de sens.

Chez Isiis, notre formation Gestes et Postures s'adapte aux métiers, aux contraintes et aux situations réellement rencontrées. La durée et les mises en pratique peuvent également être ajustées aux besoins de l'entreprise.

Et si vous vous demandez si cette formation est obligatoire pour vos salariés, nous avons consacré un article à la question : formation gestes et postures obligatoire en entreprise.

TMS en entreprise : ce qu'il faut retenir

Les TMS ne sont ni une fatalité ni un problème réservé aux métiers physiquement exigeants.

L'employeur doit identifier les risques et mettre en place des mesures adaptées : organisation du travail, équipements, aménagement des postes, information et formation des salariés.

La meilleure prévention, ce n'est pas seulement d'apprendre aux salariés à mieux supporter leur travail. C'est aussi de rendre leur travail moins contraignant.

Et si Gérard se plaint du dos tous les lundis, avant de lui conseiller de changer de matelas, ça vaut peut-être le coup de regarder comment il travaille du mardi au vendredi.

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